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Qui est véritablement Théodore Gouvy?


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Théodore GOUVY ( 1819-1898)

Compositeur de musique connu, reconnu et honoré de son vivant!

Aucune véritable biographie sur Théodore Gouvy n'existe aujourd'hui en Français en dehors d'essais ou de travaux musicologiques pourtant remarquables, qui ne sont pas connus, ni du grand public, ni de ceux qui auraient pu s'en inspirer pour décrire le compositeur.

Le seul ouvrage qui ait été publié un jour, Theodor Gouvy, sein Leben und seine Werke, l'a été en langue allemande et cela en 1902 à Berlin. Il a été réalisé deux ans plus tôt, par Otto Klauwell (1851-1917), compositeur, professeur d'histoire de la musique, puis directeur du Conservatoire de Cologne de 1875 à 1914, à la demande d'Henriette Gouvy, belle-sœur du compositeur. Otto Klauwell connaissait Gouvy de son vivant et l'avait rencontré à plusieurs reprises. De plus, Henriette Gouvy a mis à sa disposition la musique et les archives qu'elle avait rassemblées sur son beau-frère.

Klauwell cite, dès les premières lignes de son livre, la particularité et l'ambiguïté de la situation de la famille Gouvy, liée au déplacement des frontières et met en exergue les mérites de Théodore Gouvy.

Cet ouvrage comprend une biographie complète qui permet de suivre le compositeur, presque jour après jour, durant toute sa carrière, ses nombreux voyages à travers l'Europe musicale et ses rapports avec la plupart des grands musiciens de son époque. Il comprend également une analyse de ses œuvres publiées. Pratiquement introuvable aujourd'hui à part dans quelques rares bibliothèques, il n'a jamais été traduit en Français dans son intégralité, mais reste de référence. Les articles sérieux trouvés dans certaines encyclopédies y font référence.

Avec lui d'autres travaux ont été réalisés, dont la thèse de doctorat de Martin Kaltenecker en 1986 à la Sorbonne et le mémoire de René Auclair en 1983 au Conservatoire de Metz, prolongé par un mémoire de DEA à la Sorbonne, sur la correspondance de Théodore Gouvy.

Gouvy et son œuvre souffraient de ce fait de n'être pas connus, que l'on ne sache pas les replacer dans le vrai contexte de leur époque et que l'on ne tienne pas réellement compte de leurs racines profondes et essentielles. L'ouvrage de Klauwell et ces travaux remarquables nous ont été forts utiles. Nous y avons puisé l'intérêt et l'admiration nécessaire pour mener la mission que nous nous sommes fixée.


 

Son enfance et ses études


photo010- Naissance
Le 3 juillet 1819, à 23h, à Goffontaine, nait Théodore Gouvy, fils d'Henri Gouvy, Maître de forges, et de Caroline Aubert, tous deux domiciliés à Goffontaine.
Goffontaine (petit hameau devenu Schafbrücke, aujourd'hui quartier de la ville de Sarrebrück) était depuis quatre ans annexé, comme le reste de la Sarre, par la Prusse après la chute de Napoléon et le 2ème Traité de Paris.
Tout comme pour son frère Alexandre, né deux ans avant lui, les vicissitudes de l'histoire le font ainsi naître prussien, alors que leurs deux frères aînés Henry et Charles, naissent encore français. Bien qu'issu d'une famille de maîtres de forges française, il ne put prendre la nationalité française qu'en 1851.

- Son enfance, ses études
Jusqu'à l'âge de 8 ans, Théodore Gouvy coule des jours paisibles dans le cadre idyllique de Goffontaine. Ce hameau perdu, uniquement composé de la forge, de la maison familiale et de quelques maisons où vivent les ouvriers et les employés, n'offre cependant guère de distraction.
De ce temps date, pour Théodore, cette préférence pour l'existence solitaire auprès d'une mère attentionnée, ainsi que son goût pour la nature et la chasse.
Dés l'âge de six ans, ses dispositions pour la musique furent remarquées, lorsqu'il improvisa des variations sur une petite harpe à sept cordes, cadeau d'un de ses oncles.

- Le collège de Sarreguemines
Ayant grandi dans un environnement allemand, son éducation sera néanmoins française.
Désireux de lui donner une éducation française, ses parents, en 1827, décident de lui faire suivre ses études en France. Il quitte ainsi la maison parentale pour entrer comme interne au Collège de Sarreguemines, où il suit les classes de la septième à la cinquième. Parallèlement à ses études, il prend des cours de piano avec un maître local qui remarque très vite ses aptitudes pour la musique, mais personne ne semble le pousser dans cette voie, la famille ayant d'autres soucis et sans doute d'autres visions pour son avenir. Il connaîtra bientôt la première épreuve douloureuse de sa vie. En effet, en 1829, la mort de son père le marque profondément. Il se tournera alors totalement vers sa mère, qui restera jusqu'à sa mort, sa véritable confidente.

- Le lycée à Metz
En 1830, Caroline Aubert (originaire de Metz), dirige son fils vers un lycée de cette ville, et s'y installe même au 15, Rue des Clercs pendant le temps de la scolarité, lors des cinq années à venir, afin de mieux pouvoir le suivre. Le frère de Caroline, Joseph Aubert habite lui-même Metz où il est négociant et commissionnaire. La fille de ce dernier épousera d'ailleurs en 1835 Henry le frère aîné de Théodore. Au lycée, Théodore laisse le souvenir d'un élève brillant, studieux et très intelligent. Ses professeurs soulignent ses qualités, ses dons artistiques et littéraires. De cette époque datent sans aucun doute ses goûts prononcés pour les tragédies de la mythologie grecque. Il montre également de grandes facilités pour les langues vivantes. Il pratique rapidement l'Allemand aussi bien que le Français. Plus tard il apprend et parle aussi l'Anglais, mais encore l'Italien avec les mêmes facilités. En 1836, il passe avec succès son baccalauréat de philosophie. De cette époque messine l'on ne connaît pour ainsi dire rien de son éducation musicale, qui a du se limiter à des notions de bases et des cours de piano pris auprès du professeur de musique du lycée.

- L'Université à Paris
Sa mère l'inscrira ensuite à l'Université à Paris, pour des études de droit auxquels il ne portera que peu d'intérêt. Comme ses études juridiques ne le passionnent pas outre mesure et sont loin d'occuper tout son temps, Théodore Gouvy est très vite séduit par l'éclat culturel et artistique de la Capitale. Entraîné par son penchant de plus en plus prononcé pour la musique, il assiste fréquemment aux concerts et diverses représentations musicales que lui offre sa nouvelle vie. Il décide de reprendre des cours de musique en privé puis de s'y adonner entièrement. C'est vers le piano, dont il avait déjà acquis les bases depuis sa tendre enfance, qu'il se tourne d'abord. Théodore ne rêve effectivement plus que de musique, au point de vouloir en faire son métier et d'abandonner le droit et la tradition familiale.

Théodore Gouvy, Compositeur


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Alors que rien ne le prédestinait à cultiver l'art musical, il décide pourtant de devenir compositeur. Il annonce ainsi à sa mère qu'il avait pris son parti de se livrer, dès l'instant, corps et âme à la nouvelle carrière qu'il venait de choisir, celle de compositeur de musique, au grand désespoir de sa famille, qui n'accepte pas sa décision. Se défendant avec ténacité, l'opposition de sa famille est heureusement de courte durée et bientôt, Théodore peut se livrer en toute liberté à l'étude de la musique, vers laquelle il se sent de plus en plus entraîné.

Paradoxalement, français de cœur et d'éducation, mais étranger par sa naissance, l'enseignement officiel, les concours et les grands prix lui sont interdits. Se faisant fort de réussir malgré tout, il décide de se former auprès des grands maîtres de la capitale.

Sa nationalité prussienne lui interdisant effectivement l'entrée au Conservatoire, il commence à travailler assidument le piano en se formant en privé auprès de professeurs connus du Conservatoire. Pour cela, il avait tenu à avoir l'un des plus éminents professeurs que l'on puisse trouver à Paris, Henri Herz. Celui-ci, à la veille d'une tournée en Angleterre, le confie à son plus brillant élève : Edouard Billard. Théodore se rend chez Billard avec une belle ardeur. Il complète ses leçons par l'audition des grands pianistes de l'époque et Thalberg l'enchante particulièrement : « Le talent de Herz m'a étonné mais ne m'a pas remué l'âme le moins du monde. Döhler, pianiste de Vienne nous a régalés d'une musique vraiment admirable. Thalberg, qui a 26ans, passe ici pour le coq de tous les pianistes, mérite ce jugement, jamais je n'aurai cru qu'on pût toucher du piano avec autant d'âme et d'expression ».

Il a alors vingt ans et continue d'abord ses leçons de piano avec Billard, puis en janvier 1841 s'adresse au célèbre Pierre Joseph Zimmermann également professeur au conservatoire et professeur d'autres futurs grands musiciens. C'était une des figures importantes de la vie musicale parisienne qui organisait entre autres des soirées musicales fréquentées par des célébrités du monde musical et littéraire de l'époque. Totalement décidé à embrasser la carrière de compositeur, Théodore écrit à sa mère : « Mon but, mon ambition n'est pas de devenir professeur ou pianiste de profession. Je regarde la musique de plus haut que cela. Dimanche dernier au Conservatoire, j'ai entendu une symphonie composée par M. Reber. Tu penses bien qu'il ne faut pas avoir peu de mérite pour être jugé digne d'être entendu à coté de Mozart et de Beethoven. Eh bien, c'est là ce que j'appelle un beau début dans la carrière, voilà ce que j'estime bien autrement que les vingt doigts de M. Liszt, voilà enfin un but que je serais fier d'atteindre. » A cette audition, qui fit sur lui une impression décisive, suivit d'une symphonie de Mendelssohn et de la 9ème de Beethoven, il comprend que c'est la musique instrumentale, « la vraie musique », comme il se plaît à le souligner, qui l'attire et qu'elle serait sa propre destination. C'est le programme auquel il restera fidèle jusqu'au bout.

S'étant lié d'amitié avec un jeune violoniste allemand déjà connu, demeurant dans son hôtel : Carl Eckert, élève et ami de Mendelssohn, il prend auprès de lui, les leçons de violon que celui-ci se propose de lui donner. Eckert restera l'un de ses amis les plus fidèles et sera un compagnon de voyages apprécié.

A partir du mois de mai, il décide de prendre des leçons d'harmonie et de contrepoint avec Antoine Elwart, compositeur et professeur connu du Conservatoire, qui constitueront la partie la plus importante de ses études. Ce professeur devint bientôt et cela jusqu'à sa mort un autre ami fidèle de Théodore. Deux sonnets d'Elwart dédiés à Théodore Gouvy, le félicitant pour l'exécution d'une symphonie et la première française du Requiem, sont conservés dans les archives familiales.

Mis à l'abri financièrement du besoin par le regain des activités des forges, des quelles il était toujours actionnaire par sa part d'héritage, grâce à l'énergie déployée par son frère Alexandre, Théodore put se consacrer entièrement à l'Art musical.

Les premiers essais


photo08Les premières compositions de Théodore Gouvy n'ont pas franchi le cadre familial, elles n'étaient en fait dédiées qu'aux membres de sa famille.

En janvier 1841, il écrit: « Duo avec Variations pour piano et violon », qui suscitent les éloges de son professeur, mais lui-même n'en est pas satisfait : « Mon maître paraît être plus content que moi, car je n'ai pas le tort de m'aveugler sur le mérite de mes premières productions. » Voilà comment le compositeur très critique avec lui-même, en fit très modestement part. Suivent ensuite : « Trio pour piano, violon et violoncelle » et deux pièces pour piano : « Boléro et Nocturne », dédiées à son parrain, Monsieur du Molart.

En complément de ses études parisiennes, il effectuera très vite de longs voyages en Allemagne et en Italie, pour rencontrer les grands maîtres étrangers et parfaire ses connaissances. Sa véritable carrière de compositeur commence à partir de ce moment là, soit un peu avant la moitié du 19ème siècle.

Venu relativement tard et de manière personnelle à la musique, puis à la composition, il s'est affirmé avec une rapidité surprenante comme un compositeur de premier plan. Ferdinand Hiller, directeur du Conservatoire de Cologne, également compositeur et grand ami de Gouvy, décrit ainsi ce dernier dans une lettre à Gernsheim : « Voilà un compositeur digne d'estime, quand je pense qu'à l'âge de 20 ans il connaissait aussi peu de chose à la musique que vous à 8 ans, je dois le féliciter ».

Naissance d'un grand symphoniste


photo09En 1846, sa 1ère symphonie Op.9, dont la version définitive est datée du 12 mars 1845, jouée à Paris pour la première fois en concert privé le 7 février 1846, le fit d'emblée prendre place parmi les rares compositeurs français défenseurs de la musique symphonique.

La première audition publique aura lieu le 17 décembre 1847 à la Salle Herz à Paris. Le succès est complet et les critiques des journaux, même les plus prestigieux, lui sont entièrement favorables et forts élogieux.
Ainsi, Léon Kreutzer, lui-même symphoniste, écrit dans l'Union Musicale: « J'ai entendu une symphonie de M. Gouvy dont l'adagio en La b est tout simplement un chef d'oeuvre... Avec la centième partie du talent que possède M. Gouvy, on a le droit d'être joué sur tous les théâtres lyriques, de porter la décoration de la légion d'Honneur, d'être Membre de l'Institut et de gagner 30.000 Francs par an. Mais pourquoi diable aussi M. Gouvy compose-t-il des symphonies? ».

Le plus grand hommage quelques années plus tard, à propos d'une exécution de cette même symphonie à laquelle il assistera, viendra de Berlioz par son article écrit dans « le journal des Débats » le 13 avril 1851 : « J'ai trouvé fort belle, dans la plus sérieuse acceptation du terme, une symphonie de Monsieur Théodore Gouvy. Il faudrait plus d'espace que je n'en ai ici, pour rendre seulement une demi-justice à cette production remarquable, dont l'adagio, conçu dans une forme nouvelle et sur le plan colossal, m'a fait éprouver autant d'étonnement que d'admiration. Qu'un musicien de l'importance de Monsieur Gouvy soit si peu connu à Paris et que tant de moucherons importunent le public de leur obstiné bourdonnement, c'est de quoi confondre et indigner les esprits naïfs qui croient encore à la raison et à la justice de nos mœurs musicales ».

Théodore Gouvy apparaît ainsi comme une figure emblématique du courant symphoniste autour des années 1850 par la qualité et la quantité de sa production: 24 compositions diverses pour grand orchestre, dont 9 symphonies et une deuxième version de la sixième qui pourrait compter pour une dixième, mais aussi des ouvertures de concert et autres fantaisies et variations...

Elles connaitront le succès en compagnie d'œuvres de musique de chambre, lors d'exécutions à Paris et certaines villes de province, dont Metz où Théodore noue à cette époque des contacts étroits avec la Société de l'Union des Arts à laquelle il dédie sa Sérénade pour piano N°4. Elles seront également données dans de très nombreuses villes allemandes, en Hollande, Suisse et à Vienne et Londres avec le même succès.

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