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La musique de chambre


photo011Théodore Gouvy est pratiquement le seul compositeur à représenter la génération de ceux qui se sont consacrés à la musique de chambre avant la moitié du 19ème siècle. C'est avec la musique symphonique, le genre de musique qu'il a décidé de défendre envers et contre tous principes.

Ces œuvres impliquent une conception de la musique qui est celle de la musique instrumentale pure dont il se fera toujours l'ardent défenseur : « La musique doit nous élever au dessus des choses vulgaires », « Quatre musiciens jouant un quatuor de Mozart suffisent pour nous transporter dans un monde idéal », « Le respect des maîtres qui nous ont précédés et l'admiration recueillie de leurs oeuvres sont la condition nécessaire pour créer quelque chose de bon et de durable »... (Propos de Gouvy relevés dans le livre d'Otto Klauwell).

A partir des années 1860, il est régulièrement présent à l'intérieur des programmes des salles de concerts d'époque (Société-Artistique de Musique de Chambre, Société Nationale, Salle Pleyel, Salle Erard à Paris, ...) ainsi qu'à l'étranger. Gouvy est l'un des rares de sa génération à figurer sur les programmes de la Société Nationale après 1870. Il est interprété par les plus grands artistes de l'époque Armingaud, Chabrier, Diemer, D'Indy, Dubois, Fauré, Guiraud, Lalo, Pierné, Saint-Saens, Sarasate, Taffanel, Vieuxtemps en France, Bruch, Hiller, Joachim, Schulhoff, Von Königslov et d'autres à l'étranger. Son œuvre est aussi estimée que sa personne autant par ses confrères, la presse et le public des concerts.

Dans le domaine de la musique de chambre, comme dans la musique symphonique où il évolue avec aisance, il tient une place qu'on ne peut pas négliger. Il eu le mérite d'être très fécond dans ce genre de musique et d'y montrer de fines qualités estimables: élégance, clarté, précision de rythme, bonne tenue classique, comme le relate Jules Combarieu dans : « Histoire de la Musique ». Sa musique de chambre comprend deux tiers environ de son œuvre dont quelques unes de ses pages les plus belles et les plus significatives.

Ses grandes compositions religieuses et lyriques


A partir des années 1870, Théodore Gouvy se tournera plus vers les grandes œuvres religieuses et les grandes compositions lyriques. En vingt ans, il produira dans ce domaine une impressionnante série d'œuvres remarquables, toutes pratiquement composées l'été durant ses séjours à Hombourg-Haut.

En 1874 : Le Requiem op.70,
En 1875 : le Stabat Mater op.65 et la Religieuse (scène dramatique pour une voix de Mezzo-soprano et orchestre, écrite pour Pauline Viardot),
En 1876 : Asléga (cantate dramatique d'après une légende scandinave),
En 1877 : Le Calvaire, cantate religieuse,
En 1878 : Le Printemps Op. 73 (cantate pour choeur d'Hommes, soprano solo et orchestre),
En 1880 : Oedipe à Colonne op.75, cantate dramatique,
En 1882 : Messe Brève op.72,
En 1883 : Iphigénie en Tauride op. 76,
En 1886 : Electre op.85 (cantate dramatique) et Egill, Op. 76 (cantate dramatique scandinave),
En 1894 : Polyxène op.88 (cantate dramatique),
En 1896 : Fortunato (opéra en un acte d'après Matéo-Falcone, une nouvelle de Prosper Mérimée)...

Il faut ajouter à cette liste : « le Cid », Opéra composé par Théodore Gouvy en 1862 et terminé en 1863. On avait pu lire dans la France Musicale du 9 Janvier 1853 : « Nous attendons pour nous prononcer définitivement sur M. Gouvy, de le voir aux prises avec un livret d'opéra ». Ainsi, 10 ans après, Théodore Gouvy, le symphoniste, le puriste, décide-t-il de relever le défi de composer un opéra et choisi de mettre en musique le Cid.
Commencée sous d'heureux auspices, cette partition attire sur elle tous les ennuis, jusqu'à la mort du célèbre ténor allemand retenu pour le rôle peu de temps avant sa représentation programmée à Dresde. Le Cid ne sera finalement jamais donné de son vivant.

Ces grandes œuvres nécessitant des moyens orchestraux et vocaux que l'on peut, à l'époque difficilement réunir à Paris, Théodore Gouvy se tourne donc résolument vers l'étranger, mais non sans amertume. Il dira : « Je vais à l'étranger où personne n'a besoin de moi, au lieu de trouver dans ma patrie les satisfactions d'artistes auxquelles chaque compositeur a pourtant droit ». Ces compositions trouveront un terrain d'exécution en Suisse, en Hollande et surtout en Allemagne et y connaîtront toutes un vif succès.

Son oeuvre


Elle comprend 90 N° d'opus publiés de son vivant et 70 inédits, soit plus de 200 compositions, dont : 24 pour grand orchestre (dont 9 symphonies), un énorme répertoire de musique de chambre pour toutes sortes de formations, des grandes œuvres religieuses, Requiem, Stabat-Mater, Missa Brevis, Cantate Golgotha, 3 cantiques, 5 grandes cantates profanes et 2 opéras, le Cid et Fortunato, ainsi que des chœurs A capella et près d'une centaine de mélodies françaises ou lieder allemand, pour 1 ou 2 voix avec piano.

Il est difficile de porter un jugement d'ensemble sur Théodore Gouvy et sa musique. Ses œuvres impliquent une conception de la musique instrumentale pure, sur laquelle il a basé son idéal. Refusant le règne de l'opéra et de la musique de virtuoses, il se consacre presque essentiellement à ce qu'il nomme « la musique sérieuse ». Il s'exprimera en plusieurs occasions sur cet idéal, dont il se fera l'ardent défenseur.

Parfaitement bilingue, il offrira vite l'image d'une personne possédant cette double culture qui influencera obligatoirement ses orientations artistiques. Une des particularités de son œuvre sera la réunion de ces éléments français et allemands qu'il saura parfaitement maîtriser. Ils lui apporteront cette force le caractérisant et feront de lui un européen avant l'heure.

Très soucieux de la forme et possédant une réelle science de l'écriture, il reste néanmoins assez classique. Ayant horreur du spectaculaire, il croit à la simplicité, à la discrétion et à la beauté harmonique, dans un temps où l'on aime plutôt le clinquant et le tapageur. Sa musique témoigne d'un romantisme sentimental et agréable. Elégante, d'une grande finesse, elle ne manque pas d'invention, car il foisonne d'idées. Elle frappe par sa vivacité, sa diversité rythmique et par de jolies mélodies.

Même si l'influence allemande est forcément présente, pour les allemands, il reste musicalement français. Peut-être rêve-t-il à une synthèse entre les deux, entre clarté et élégance française et profondeur allemande ; le sérieux allemand, allié à la légèreté française ?

Sa biculture franco-allemande et son anti wagnérisme en font une figure emblématique de la musique du 19ème siècle.

Il est joué sur les meilleures scènes de Paris et de Province, ainsi que sur celles des capitales musicales européennes d'alors: Berlin, Leipzig, Halle, Cologne, Dresden, Duisbourg, Munich, Wiesbaden, Francfort, Berne, Lausanne, Amsterdam, Londres, Bruxelles, Vienne...

Au cours de son existence, il fait connaissance avec tous les musiciens célèbres de son temps, et sut s'en faire apprécier. Une correspondance abondante corrobore ses liens d'étroite amitié, ses relations suivies avec les plus connus d'entre eux et démontre qu'il fut un témoin important et un des grands compositeurs de la 2ème moitié du 19ème siècle.

Consacré Maître parmi les compositeurs et considéré par ses pairs comme leur égal, il est joué par les plus grands artistes de son époque, sur les plus grandes scènes d'Europe et même au-delà. Les distinctions les plus importantes lui sont décernées. Après avoir été l'un de ses premiers membres, il est nommé au Comité de la Société Nationale de Musique. Le Ministère autorise la Direction de l'Académie des Beaux Arts à souscrire pour ses symphonies. Cette même Académie lui décerne le prix Chartier. Décoré de la Légion d'Honneur, il est également nommé membre du Comité de la Société des Compositeurs et membre du jury d'examens des quatuors et des symphonies. Ses nominations comme Membre Correspondant de l'Institut, pour remplacer à sa mort Anton Rubinstein, bientôt suivie par celle de Membre de l'Académie Royale des Arts de Berlin, couronnent sa carrière.

Théodore Gouvy & Hombourg-haut


photo04Après le décès de leur mère en 1868, Théodore Gouvy quitte Goffontaine et rejoint son frère Alexandre, directeur des usines, dans la belle maison de maître que possède celui-ci à Hombourg-Haut et qui tiendra une place toute particulière dans le cœur du compositeur. Dans ce charmant coin de Moselle-Est, où il venait déjà régulièrement auparavant, il trouve une seconde patrie et vivra une grande partie des 30 dernières années de sa vie.

Il est vrai, bien des raisons l'y invitaient: l'appartement confortable mis à sa disposition, contrastant avec les chambres d'hôtels souvent pas chauffées qu'il occupait lors de ses innombrables voyages. Le parc ombragé du domaine familial, les grandes forêts avoisinantes qu'il aime parcourir et la présence attentive de la famille, seront pour lui autant de sources d'inspiration. C'est là qu'il compose ses œuvres les plus importantes. A partir de ce moment, cette belle demeure baptisée « Villa Gouvy », depuis que la Ville l'a acquise, allait devenir le Centre d'une vie musicale très intense grâce à sa belle sœur Henriette Gouvy, l'égérie musicale de Théodore Gouvy. Excellente pianiste, elle interprète avec son beau-frère ses partitions ou réductions 4 mains à 1 ou 2 pianos, sur les deux « Bechstein » demi-queue de son salon de musique, permettant au « Maître d'essayer ses compositions ». Durant les mois d'été, du vivant du compositeur et même après sa mort, elle recevra en une sorte de « Festival » improvisé et amical des artistes renommés venus des deux côtés de la frontière.

Théodore Gouvy décède à Leipzig le 21 Avril 1898 lors d'un séjour pour assister à la représentation d'une de ses œuvres. Sa dépouille est ramenée à Hombourg-Haut où ses obsèques sont célébrées le 27 avril. Il repose depuis dans le caveau familial, non loin de l'endroit où retentissent à nouveau ses œuvres, l'Eglise Collégiale Saint-Etienne. Dans ce coin du cimetière, la vue s'étend sur un vaste panorama de champs et de forêts qu'il aimait parcourir à la recherche de ses thèmes musicaux.

Il sera également le précurseur d'une nouvelle passion des Gouvy, la musique, au point où son neveu Léopold (fils cadet d'Alexandre et d'Henriette), sous le pseudonyme « Opol Ygouw » composera 61 Numéros d'Opus presque totalement inconnus de nos jours. Ces derniers nous permettront de découvrir bientôt un compositeur d'une autre génération, auquel nous sommes également décidés de nous attacher, après avoir réhabilité la grande figure de l'oncle.

Cette nouvelle passion de la famille a permis à leurs descendants de garder précieusement tous les documents qu'ils ont pu rassembler à la mort de leurs ancêtres et de nous en faire part.

Sans ces traces soigneusement conservées, nous permettant de rétablir, l'histoire que resterait-il réellement ?...

Après un siècle d'oubli...


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Connu, reconnu et honoré de son vivant, autant en France qu'en Allemagne, après sa mort, il ne fut pourtant revendiqué par aucun de ces deux pays, restera Allemand pour les uns, Français pour les autres et sombra petit à petit dans un oubli presque total. Cruel destin et dilemme pour cet homme des deux cultures dans cette période de montée du nationalisme.

A part quelques lignes, souvent très approximatives, voir même inexactes, se trouvant dans certaines encyclopédies musicales et ouvrages spécialisés, quelques rares œuvres jouées sporadiquement, par-ci par là, qui connaissait encore le compositeur Théodore Gouvy?!...

Quelle place occupait-t-il encore au cœur de notre patrimoine musical, avant que l'on ne daigne à nouveau s'intéresser à lui et à sa musique?!...




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